Qui est-ce type?

4 septembre 2013

C’est toujours agréable d’en savoir un peu plus sur la personne avec qui on parle. Donc, pour ceux et celles qui se pose la question : « Qui est ce type? », voici une très brève bio qui devrait satisfaire, du moins partiellement, votre curiosité.

Les fantômes du passé

Je suis un enthousiaste de la production audio depuis une trentaine d’années. Déjà dans les années ‘80, armé d’un séquenceurde batterie au son merdique (un Kwaï R50, si je me rappelle bien) et d’une paire de SM-58, j’enregistrais mes compositions sur un système d’enregistrement portatif sur cassette (un Tascam PortaOne, ça vous dit quelque chose?).

 

Puis, vers la fin des années ‘80, j’équipais mon redoutable Mac SE beige d’un séquenceur midi Micrologic que je branchais au GR-1 emprunté à ami. Je passais des heures à programmer des séquences que je transférais ensuite sur deux pistes du Tascam. Il restait deux pistes pour tout le reste. Ça forge le sens des priorités!

 

À peu près à la même époque, j’étais assistant technique au département de commun

ication de l’Université Laval. J’enseignais aux étudiants le fonctionnement des appareils d’enregistrement pour qu’ils puissent produire une bande-son pour leur... diaporama! Explications sommaires de la console, montage de rubans à la lame de rasoir, ABC de la prise son, rudiments de mixage : rien de bien vilain.

 

Sur le même étage se trouvaient les locaux de répétition de l’orchestre de la faculté de musique. J’y passais le plus clair de mes temps libres. Je me suis donc rapidement intéressé à l’orchestration. Dès lors, j’arpentais les couloirs avec les « Principes d’orchestration de Rimsky-Korsakov » ou le « Traité d’harmonie de Walter Piston » sous le bras. Bien sûr, ça détonnait un peu avec ma vie de guitariste TOP 40 dans les bars, mais les choses que j’ai apprises dans ses livres ont nettement amélioré mes arrangements et me servent encore aujourd’hui.

 

Apprendre sur le terrain

Qui dit musicien de bar à la petite semaine, dit aussi faire fonctionner du matos de sonorisation loué le moins cher possible. Au début des années ‘90, j’étais généralement le type du groupe qui s’occupait de choisir, louer et, bien sûr, de trimballer ces trucs jusqu’au lieu du spectacle. (C’est d’ailleurs surprenant de voir à quel point les membres d’un groupe deviennent soudainement très occupés lorsque vient le temps de se coltiner du matos!) 

 

Qu’on le veuille ou non, on fini régulièrement derrière une console à se battre pour faire fonctionner une sono dont une des composantes maîtresses semble être le duct tape. Disons que ce fût une manière plutôt abrupte de s’initier à la sonorisation. Mais : « The show must go on! »

 

Dans la vie d’un groupe ayant le moindrement d’ambition, il vient un temps où il veut s’enregistrer. Pour nous, ce fut au milieu des années ‘90. Je franchis donc le pas et enrichis mon embryon de studio maison du plus récent logiciel de montage (Cubase VST) et de quelques micros. 

 

En post mortem à ce premier projet d’album, j’en suis venu à l’évidence qu’il faut plus que du matériel audio pour produire un album. Il faut des connaissances : un tas de connaissances! Des connaissances en enregistrement, en acoustique, en mixage, en production, en arrangement et même en gestion de crise et en psychologie. C’est donc à cette époque que je me suis lancé à fond dans l’acquisition de ces connaissances par tous les moyens accessibles : expérimentation, rencontres, livres, Internet, DVD... C’est devenu plus qu’une passion, c’est une obsession!

 

Pourquoi un site

Une chose qui m’a frappé durant toutes ces années est le peu de sources d’information de qualité disponibles en français. Il y a bien ici et là quelques sites et une poignée d’ouvrages sur les divers sujets touchant la production musicale, mais puisque la majorité des producteurs, ingénieurs de son, producteurs et mixeurs de renoms sont américains ou anglais, le gros de l’information est dans la langue de Shakespeare. Ce site m’est donc venu à l’esprit pour pallier cette lacune. (Ce qui m’amène à vous glisser un mot sur le français. J’ai tout appris en anglais, mes logiciels sont installés en anglais et la majorité des appareils ont des commandes en anglais. Il ne faudra donc pas vous surprendre si, par exemple, je parle de « threshold » plutôt que de « seuil » ou que je laisse glisser un « track » au lieu de « piste ». Pour faire référence à une marque de compresseur, je dirai volontiers « L-É-THREE-É » plutôt que « L-A-TROIS-A ». De toute façon, je crois que ce sera clair pour tout le monde, du moins je l’espère.)

 

Autre constat : plusieurs sites traitent de la musique électronique (EDM, loops, techno,...). Ici, ce sera plutôt l’inverse. La majorité des exemples seront tirés d’extraits réalisés par des musiciens (vous savez ces types plus ou moins chevelus qui émettent des sons en tapant, soufflant et grattant sur des trucs?) dans un contexte d’enregistrement « live » ou pistes par pistes.

 

On se laissera peut-être aller à parler de trucs pour favoriser la bonne performance d’un musicien lors de l’enregistrement ou même de stratégie de négociation avec un groupe. Vous ne verrez pas ça sur un site de EDM! 

 

Mais bon, il est tout de même possible qu’on parle de séquences de temps à autre : on est en 2013 après tout! 

 

Connaissances vs équipement

En audio, s’il y a une chose de sûre, c’est qu’il y a rarement de recettes miracles. D’innombrables sources accordent d’ailleurs une importance démesurée à l’équipement utilisé par rapport à sa fonction ou son utilité. Il est tout aussi possible de ruiner un mix avec un authentique Fairchild que d’en réussir un avec le compresseur générique de votre DAW.  Donnez une paire de SM57 et un Pro Tool d'usine à Manny Marroquin et je suis sûr qu'il vous pondera un excellent album!

 

Chaque appareil, plug-in ou microphone a ses forces et ses faiblesses. Au demeurant, la performance de l'équipement est garante de la personne qui l’utilise. Il n’y a aucun appareil qui rendra vos productions superbes par sa seule présence. Ce qui est certain par contre, c’est que de savoir pourquoi et comment on utilise telle ou telle technique contribuera beaucoup plus à vos productions que n’importe quel appareil.

 

Partageons mes frères, partageons!

Un dernier truc, n’hésitez pas à me faire part de vos astuces, commentaires ou suggestions sur Facebook, Twitter ou sur le forum de MusiqueProd. J’y passerai le plus régulièrement possible pour avoir le plaisir de discuter avec vous. 

 

À bientôt,

 

Éric Noël

Vos réactions (6)
Barbouty Christian 21/02/2016 - 03h49
Bonjour Éric, Après avoir lu votre bio , je me trouve à vos debuts des années 90 lorsque vous avez commencé l'aventure de l'enregistrement avec votre groupe. Effectivement ils ont toujours quelque chose à faire lorsqu'il s'agit de porter du matos!!!! Votre pédagogie et votre goût du simple sont des valeurs sûres pour avancer à grand pas mais lentemen dans cette nouvel univers de l'audio! Bien sûr je ne suis pas un lapin de trois semaines qui découvre cet univers, cependant le studio est un environnement qu' il faut apprivoiser. Mille mercis pour votre site! C.BBY.
Musiqueprod 08/03/2015 - 03h07
Merci pour tous vos excellents commentaires!
raphael bernatchez 07/03/2015 - 21h56
j'aime bien ton site !!continue!!
Eric Noel 19/01/2014 - 21h46
Merci et bonjour aux gens de l'Abitibi-Témiscamingue, ma région natale.
Donald Ferland 19/01/2014 - 09h07
Excellent site! Merci!
Yves Neviba 14/11/2013 - 14h54
Tiens, un site bien prometteur sur la production musicale!! Bien sympa !!
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