Maîtriser la compression 2 : l'ordre dans la chaîne

15 janvier 2014

Comme nous l’avons souligné, le compresseur est un des outils les plus puissants à notre disposition lors du mixage. Son action est telle qu’il affecte toutes les autres composantes qui seront placées avant ou après celui-ci dans votre chaîne. Ce qui soulève l’épineuse question de l’ordre des composantes par rapport au compresseur. Voici quelques pistes de solutions.

Comme vous l’avez sûrement expérimenté maintes fois vous-même, la position des éléments de traitements dans la chaîne a une influence majeure sur le résultat. Le son à la sortie sera totalement différent si l’on place l’égalisateur de fréquences avant ou après le compresseur, par exemple. Qui plus est, les éléments interagissent entre eux, ce qui rend leur performance variable selon leur position. 

Bien qu’il y ait rarement de recettes miracles, une méthode semble quand même de mise :

 

  • De manière générale, on visera à éliminer les problèmes potentiels
    avant la compression et à modeler le signal après la compression.

 

 

AVANT le compresseur

 

LE GATE
De par son essence, la compression diminue la dynamique d’un signal. Il contrôle les pointes, mais augmente aussi tout ce qui est à bas volume. En plaçant le gate avant le compresseur, on se donne donc la possibilité d’éliminer le bruit de fond et, dans le cas d’une prise de son live, de mieux contrôler le coulage des autres instruments. Tout cela dans le but d’envoyer un signal le plus propre à la compression.

 

LE DEESSER
Un des effets pervers de la compression sur un enregistrement de voix est de faire ressortir la sibilance. L’utilisation d’un deesser permet de la contrôler. En l'insérant avant l’étape de compression, les fréquences à problème seront atténuées avant d’être compressées.

 

L’ÉGALISATEUR DE FRÉQUENCE

Dans la même optique, un égalisateur de fréquence peut être placé avant la compression pour éliminer des problèmes potentiels. On pourra par exemple, diminuer l’excès de basses afin d’éviter qu’il n’affecte l'action du compresseur.

 

Cependant, placer un égalisateur avant le compresseur pour sculpter les fréquences d’un signal n’est pas aussi efficace. Supposons que j’augmente une fréquence de 3 dB avant compression, quelle sera la véritable augmentation de cette fréquence après la compression? Difficile à dire, n’est-ce pas? De plus, plus vous augmenterez une fréquence, plus le compresseur aura tendance à lutter contre vous pour l’atténuer.

 

Pour compliquer davantage les choses, la compression affecte tout le spectre de fréquence du signal. L'augmentation ou la diminution à une fréquence donnée aura donc un impact sur toutes les autres fréquences.

 

Finalement, les ajustements de gain sur l’égalisateur feront varier le volume à l’entrée de votre compresseur, affectant ainsi tous ses réglages antérieurs. Avouons que ce n’est pas l’idéal pour le réajustement en cours de mixage.

 

Bref, placer l’égalisateur après le compresseur pour modeler le son rend son opération beaucoup plus intuitive que précise. D’ailleurs, je vous suggère de faire cette expérience. Choisissez une piste d’un de vos mixes ayant déjà un égalisateur et changer sa position par rapport au compresseur. Vous constaterez que la différence entre les deux résultats est loin d’être subtile. L’égalisateur est beaucoup plus réactif lorsqu’il est placé après la compression qu’avant, ce qui rend vos ajustements plus concis et plus précis.

 

Les effets de modulation

Plusieurs types d’effets de modulation, en particulier le flanger et le phaser, ont tendance à rendre le signal moins uniforme. Ils auront donc souvent avantage à être placés avant le compresseur.

 

 

APRÈS le compresseur

 

L’égalisateur de fréquence

Comme nous l’avons mentionné précédemment, placer l'EQ après le compresseur permet un meilleur contrôle pour intégrer le son dans le mix. Les réglages d’EQ ne seront pas atténués ou renforcés sous l'effet du compresseur. Une augmentation de 2 dB sur une fréquence donnera 2 dB d’augmentation sur cette fréquence uniquement. L'égalisateur jouera donc son rôle avec la plus grande précision.

 

DEESSER

Un deesser peut aussi être quelquefois utile en fin de chaîne si la prise de son comporte beaucoup de sibilance en raison d’un mauvais placement de microphone ou encore que la piste a nécessité une forte d’augmentation des hautes fréquences.

 

TOUS LES EFFETS D’AMBIANCE

Lorsqu’ils sont utilisés en insertion, les échos et reverbs sont plus faciles à gérer si on les place après le compresseur. Il existe évidemment des exceptions. Par exemple, pour obtenir le typique son de caisse claire des années ‘80 (le son Phil Collins), on appliquera un reverb, suivi d’un gate et parfois de la compression. On pourra aussi allonger artificiellement la finale des toms en ajoutant un reverb et en compressant ensuite. De même, on pourra appliquer un reverb sur un mix de batterie échantillonnée et le compresser ensuite pour recréer l’effet que procure l’utilisation de micros d’ambiance.

Vos réactions (1)
Adrien Tirel 13/10/2014 - 11h28
totalement d'accord avec Pierre, je dévore vos article et vidéos depuis trois jours, je suis tombé dessus par hasard et le regrette pas. je vais les conseiller à pas mal de gens autour de moi. Bravo et continuez SVP !
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