Enregistrement Live en 12 entrées : Partie 2

10 septembre 2013

La méthode d’enregistrement live décrite dans la vidéo nous a donné le matériel brut de l’album de Frozen Fear. Plusieurs autres étapes ont été effectuées pour compléter cet enregistrement de base.

Pourquoi enregistrer live?

La question se pose : pourquoi enregistrer live? Pourquoi pas piste par piste? Bien sûr, l’enregistrement piste par piste permet de tout contrôler dans les moindres détails, de rendre tout parfait, autant du côté de la performance que de la prise son. Mais soyons francs, la perfection devient rapidement terriblement ennuyeuse! En enregistrant live, ce que l’on perd en contrôle est plus que largement compensé par la spontanéité qu’apporte l’interaction entre les musiciens.

 

Enregistrer live nécessite toutefois une plus grande préparation de la part de tous les participants, qu’ils soient musiciens ou non. Mais avec une bonne préproduction et une stratégie d’enregistrement adaptée au besoin de la musique, c’est sans conteste la meilleure façon de capturer la performance d’un groupe.

Compléter l’enregistrement live

Dès qu’on parle d’enregistrer un groupe rock de quatre musiciens en direct avec uniquement 12 entrées, on se rend rapidement compte qu’on devra faire des compromis dans notre stratégie d’enregistrement. Le premier élément à considérer est la batterie.

 

La batterie

La batterie monopolise généralement une bonne partie de la console. Avec un nombre illimité d’entrées, pas de problème. Mais avec 12 entrées, il faut choisir ses combats.

 

Outre la batterie, le groupe compte une basse (1 piste en DI) et deux guitares (2 entrées en DI et 2 entrées pour le playback), cela nous laisse donc 7 entrées pour la batterie.  J’ai donc choisi de placer un microphone sur chacune des pièces de la batterie (kick, caisse claire, 3 toms = 5 mics) et 2 overheads.

 

Faire des compromis sur le nombre de micros ne veut pas dire compromettre la qualité du son. Plusieurs trucs sont à notre disposition pour compléter l’enregistrement de la batterie.

 

Tout d’abord, j’ai placé un Royer R-121 à l’extérieur du bass drum et j’ai collecté une banque d’échantillons à différentes intensités. J’ai donc pu combiner ces échantillons à la prise de son originale en utilisant Trigger de Slate Digital.

 

En général, un micro placé sous la caisse claire ne me manquait pas vraiment dans ce projet. Certaines chansons en avaient cependant cruellement besoin. J’ai donc utilisé un vieux truc. On place la caisse claire à l’envers sur un haut-parleur qui joue uniquement la piste de caisse claire et on place un micro au-dessus de tout ça. Un grand classique qui fonctionne toujours très bien pour capturer le son des snares après coup.

 

Finalement, une batterie ne sonne pas comme une batterie sans des micros d’ambiance. J’ai utilisé deux méthodes. Pour certaines chansons, je l’ai joué « old school ». J’ai fait jouer le mixe des pistes de batterie dans le studio à l’aide de deux haut-parleurs et j’ai capturé l’ambiance avec deux micros à l’autre extrémité de la pièce. Sur d’autres chansons, j’ai plutôt recréé l’ambiance en passant le mixe de la batterie dans une reverb de style «room».

 

La basse et les guitares

Étant donné le nombre limité d’entrées, j’ai rapidement opté pour l’enregistrement des guitares et de la basse par direct box (DI), dans le but de les réamplifier plus tard. En plaçant les amplis de guitares dans des pièces à l’écart, j’éliminais de facto tous les problèmes de coulage (ou de bleed i.e. le son d’un instrument qui s’insinue dans le micro d’un autre instrument).

 

Dans le cas de la basse, la prise en DI a été utilisée telle qu’elle tout au long de l’album. J’ai aussi copié l’enregistrement en DI sur une autre piste pour la traiter avec un plug-in de simulation d’ampli (GTR de Waves ou GuitarRig de Native Instruments), de la compression, de la distorsion ou un mélange des trois.
 
Mis à part quelques rares exceptions, la grande majorité des guitares a été réamplifiée. Selon le type de son qu’imposait la chanson, j’utilisais soit un Rivera Quiana, un Mesa Boogie Mark V ou un Fender Princetown Chorus. Les guitares ont été réamplifiées sans effets à la source. Ceux-ci ont plutôt été ajoutés au mixage. J’ai aussi eu recours à GuitarRig et à une panoplie d’autres plug-ins pour créer les sons de guitares plus ésotériques.

 

Autres considérations

Afin de faciliter l’édition et l’ajout de synthétiseurs, la majorité des chansons ont été enregistrées avec un clic. En plus de diminuer les fluctuations de tempos, l’utilisation d’un clic permet souvent de doubler les partitions de guitare avec les guitares live d’une autre prise. On obtient ainsi un résultat beaucoup plus intéressant qu’en ajoutant ces prises en overdubs.

 

Lors des sessions studio, les chansons étaient enregistrées d’un seul trait du début à la fin (hormis quelques passages qui nécessitaient un changement de tempo et donc de clic). Pour faciliter l’édition et la gestion de fichiers, je n’ai conservé que les deux meilleures versions de chacune des chansons. D’où l’importance d’avoir un producteur (dans ce cas-ci, c’était moi) ou une personne extérieure au groupe en mesure d’évaluer objectivement le rendu de chacune des prises lors des sessions d’enregistrement.

 

Les voix, les guitares acoustiques, les guitares additionnelles, les synthétiseurs et les percussions furent tous ajoutés ultérieurement en overdubs.

 

L’ensemble de ces décisions a été dicté par l’orientation générale de l’album telle que définie lors des séances de préproduction. La stratégie d’enregistrement aurait été totalement différente dans le cadre d’un autre projet. Le but demeure cependant toujours le même : trouver la formule qui servira le mieux la musique.

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